Testeur logiciel peut-il être une vocation ?

Testeur logiciel peut-il être une vocation ?

Comme la plupart d’entre nous, je ne suis pas né testeur. Même à l’école, je n’ai jamais dit que je voulais être un testeur. Enfant, je voulais probablement être astronaute ou peut-être cycliste professionnel (le Tour de France avait beaucoup d’influence). J’ai donc commencé comme géomètre, en faisant des relevés, des plans et en préparant des terrains pour de futurs aéroports, des bâtiments sportifs, des routes, principalement en Polynésie française.

Puis j’ai décidé de retourner à l’école pour étudier l’informatique et plus particulièrement le génie logiciel. Mon premier emploi a été celui de développeur de logiciels, ainsi je développais des interfaces utilisateur en C++/Qt. À cette époque, personne ne testait ce que je faisais, pas même le code. Je n’aimerais d’ailleurs pas revoir ce code aujourd’hui, car il était sans aucun doute pas très joli joli ! Mais apparemment, le produit fonctionnait bien et était apprécié des utilisateurs. C’était le principal mais ça a un côté assez magique finalement!

Mes premiers pas en tant que testeur

Après 5 ans comme développeur, j’ai rejoint une petite équipe de validateurs. Oui, nous étions des validateurs, je ne dis volontairement pas des testeurs ou une équipe d’assurance qualité, nous ne faisions que vérifier. En attendant que les fonctionnalités soient réalisées, notre objectif principal était de donner un Go ou un No-Go en vérifiant si le produit répondait ou non aux spécifications. Bien sûr, cela entraîne beaucoup de va-et-vient et parfois de gros problèmes de production parce que le produit n’était pas vraiment testé, nous nous contentions de vérifier que le résultat attendu d’une action était celui qu’on nous avait décrit. Heureusement pour notre santé mentale, nous avions affaire à un produit très technique, comprendre son fonctionnement était très exigeant.


Ce qui s’est passé ensuite est révélateur. Les méthodologies agiles sont apparues et sont entrées dans l’entreprise en aidant vraiment tout le monde à faire un meilleur travail. Les validateurs commencèrent à être des testeurs, s’impliquant plus tôt et cherchant de meilleures façons d’aider et de tester et plus seulement en fin de cycle. De nouvelles méthodologies de test sont obligatoires, de nouvelles interactions sont nécessaires.

Suis-je le seul testeur au monde ?

Mais ce n’était pas suffisant, je me sentais très seul dans ma quête pour être un meilleur testeur. J’ai quitté cette entreprise pour une autre et me suis retrouvé de nouveau unique testeur. J’avais l’impression de ne pas encore pouvoir maîtriser le sujet. Comment pourrais-je en savoir plus sur ce domaine ? Suis-je seul ? J’ai essayé de trouver d’autres testeurs avec qui interagir. En France, je me suis sentie vraiment seul. Oui, j’ai assisté à la seule conférence française « Testing » (JFTL) mais ce n’était pas un événement déclencheur. Cette conférence était très orientée vers le business, certains sujets étaient intéressants mais j’ai vraiment eu l’impression de manquer quelque chose.

Ce que j’ai fait par la suite peut sembler stupide. J’ai ouvert un compte Twitter et j’ai décidé de suivre tous les testeurs que je pouvais trouver dans le monde. Et ce fut un énorme soulagement car j’ai pu trouver énormément de gens et des communautés, des blogs et des magazines parlant de Testing. Nous étions légion et nous avons commencé à interagir, notamment par l’intermédiaire de Ministry Of Testing et des différents Slacks, mais aussi toujours sur Twitter. Chaque sujet était une occasion de poser des questions et d’apprendre!

Ce métier peut-il être une vocation ?

Pourquoi pas, mais nous pouvons dire que ce n’est pas le cas pour la plupart d’entre nous qui avons de nombreuses années d’expérience. Au moins en France, les métiers du test commencent tout juste à être enseignés dans certaines universités et écoles d’ingénieurs. Quelques livres existent (la plupart en anglais) mais ils sont noyés dans la masse énorme des livres traitant exclusivement de développement. Les organismes de formation ont tous maintenant des cours sur les tests, mais le contenu n’est pas toujours satisfaisant. La plupart du temps, il contiendra les mêmes choses que les cours de l’ISTQB et vous proposera de passer (ou non) la certification à la fin de celui-ci. Sachant que l’objectif est la certification, le contenu sera totalement conforme à celle-ci, et je trouve cela bien dommage: ces « testeurs » n’ont peut-être pas l’état d’esprit nécessaire pour être de bons testeur, ils suivront la plupart du temps des recettes et ne s’adapteront pas au contexte.

Heureusement, comme je l’ai déjà dit, je ne suis plus seul (et ne l’ai probablement jamais été, j’avais sans doute une vision biaisée) et la plupart d’entre nous en sont maintenant conscients. Il existe une véritable communauté de testeurs dynamiques, toujours prêts à se mettre en danger pour apprendre et il est clair que la profession évolue énormément vite, ce qui la rend passionnante. Et en disant cela, je ne parle pas seulement de la tendance à l’automatisation: il y a encore beaucoup de place pour les tests exploratoires, la sécurité, la performance, les tests utilisateurs, l’accessibilité et les produits testés deviennent de plus en plus complexes et évoluent constamment.

Y a-t-il un seul testeur qui s’ennuie dans ce domaine ? Je ne pense pas, et s’il y en a un, c’est probablement parce qu’il n’est pas au bon endroit et qu’il a juste besoin de bouger.

Ce court article fait partie de « Around the World with 80 Software Testers« .

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